Mme. Aline Gagnon, vice-présidente de IISF, présente le certificat de reconnaissance à Mme. Cécile Laverdière – septembre 2018.

Première récipiendaire du prix de reconnaissance des bénévoles, Mme. Cécile Laverdière s’est impliquée à plusieurs niveaux auprès de IISF, notamment en accompagnant neuf cohortes d’étudiants en sciences infirmières de l’UQAT en brousse sénégalaise et en Amazonie péruvienne. Durant ces missions, elle a été appréciée pour son efficacité organisationnelle, sa sensibilité culturelle et son souci du bien-être des coopérants. De même, elle a assuré avec brio la gestion du dépôt de matériel humanitaire et elle a su tisser des liens avec des associations de l’Abitibi-Témiscamingue pour recevoir des dons destinés à nos partenaires. Très estimée par nos partenaires locaux pour son professionnalisme et son humanisme, elle a contribué au rayonnement de notre organisation au niveau régional provincial et international. En son honneur, le prix porte son nom et est connu comme le Prix Reconnaissance Cécile Laverdière – Coumba.

Mme. Cécile Laverdière
Madame Pauline Lépine et Souleye

Madame Pauline Lépine et Souleye

J’ai fait mes premiers pas en mission humanitaire dans la brousse sénégalaise au village de Thiaré en mai 2017. Infirmières et Infirmiers Sans Frontières (IISF), une organisation constituée d’une logistique impeccable empreinte de respect, de dévouement et d’une détermination professionnelle hors du commun. La vie m’a fait cadeau de connaître des intervenants et des étudiants d’une grande intensité avec lesquels j’ai œuvré pendant un mois auprès de cette communauté et partagé la vie quotidienne. J’ai découvert un peuple où le désir de vivre est plus fort que tout. J’ai découvert une nouvelle vision de leur réalité; j’ai compris que cette vitalité et l’amour des proches qui les habitent nous transportent dans un monde de partage , de sollicitude et du désir de vouloir accéder à un meilleur bien-être. C’est ainsi que de tout mon être, j’ai porté à mon cœur ce petit message: donner aux suivants s’avère une façon d’aimer et de tendre la main à l’humanité dans une réalité de résilience mutuelle.

Madame Pauline Lépine

Madame Pauline Lépine

Je vous remercie, l’équipe IISF, de m’avoir permis de suivre cette route que vous avez créée de façon exceptionnelle. Ce regard sur cette vie a changé la mienne et a laissé une trace indélébile dans mon âme. Inch Allah! Je continuerai de fouler ces chemins où l’espoir de partager nos savoirs pour pouvoir grandir mutuellement existe.

 

Pauline Lépine – 12 septembre 2017

Le petit mot d’une coopérante IISF et participante à la mission-stage UQAT-Sénégal 2017

Quand l’expérience humanitaire inspire l’autonomie professionnelle…

Soutenues et préparées par l’organisme Infirmiers et infirmières sans frontières nous avons accompagné en janvier dernier 7 étudiants de notre collège, le cégep de St-Félicien, dans un stage humanitaire au Sénégal. Situé dans la brousse, le poste de santé de Thiaré est une petite clinique forte rudimentaire. Un infirmier y coordonne les activités et travaille avec une sage-femme, 3 matrones (accoucheuses traditionnelles), un jeune assistant infirmier et quelques personnes formées sur place pour accomplir différentes tâches (inscription, pansements, injections, vaccination).

À notre arrivée, une petite visite à pied dans le village informe rapidement la population de notre présence et signifie l’arrivée de médicaments, de fournitures et de personnel supplémentaires au centre de santé. Cette visite nous sensibilise également aux conditions sanitaires de la population.

Faute de médecin, nos étudiants et nous sommes préparés à intégrer un rôle infirmier «élargi». Outillés des documents et procédures publiés par l’organisation Médecins sans frontières, nous sommes très conscients et même anxieux à l’égard du grand niveau de responsabilité que nous devons assumer. À l’évaluation qui est pour nous une tâche familière sont ajoutés les rôles suivants : identifier des hypothèses de diagnostics médicaux, effectuer les TDR disponibles (tests de dépistage rapides) et prescrire les traitements requis. Une fois ces étapes complétées, nous devons conjuguer avec la médication disponible et valider nos orientations auprès de l’infirmier présent. L’adaptation de notre groupe à cette nouvelle réalité professionnelle est graduelle et surtout soutenue par la supervision de l’infirmier local.

En contrepartie de cette belle autonomie professionnelle, l’impuissance ressentie devant les limites matérielles de la clinique, les limites financières des personnes nécessitantes et certaines réalités culturelles sont beaucoup plus difficiles. Quel contraste notre facilité d’accès aux soins, l’abondance de nos pharmacies et leur réalité. La condition des installations et du matériel disponible est déconcertante. Nos pratiques et valeurs sont plus d’une fois ébranlées.

Heureusement pour nous, il a été possible de traiter la grande majorité des situations cliniques rencontrées (infections respiratoires, diarrhées-vomissements, déshydratations, paludisme, parasites intestinaux et plaies superficielles). À tour de rôle, les étudiants ont eu la chance de participer aux activités de vaccination, aux cliniques de la sage-femme et à des accouchements. La proximité de l’école primaire a permis au groupe de réaliser des activités d’enseignement.

Cette expérience humanitaire s’est avéré un excellent tremplin éducatif et professionnel. Elle a encré l’importance d’une solide formation, évaluation et jugement clinique et le support indispensable d’outils de référence appropriés. Elle nous a également permis une réflexion concernant le potentiel de la profession infirmière. L’autonomie professionnelle, la valorisation des rôles infirmiers, le droit de prescrire semblent un peu plus concrets, plus accessibles. Entendre nos étudiants exprimer leur intérêt à poursuivre leur formation au niveau universitaire et pour revivre ce type de voyage nous confirme le succès de cette grande aventure. Enfin nous nous estimons très choyées d’avoir réalisé ce stage humanitaire et recommandons cette aventure à tous.

« Humanitairement » vôtre, Josée Ouellet et Guylaine Harvey
Enseignantes au département de Soins infirmiers du cégep de St-Félicien

Étudiants du cégep de St-Félicien au Sénégal